Communistes libertaires de la CGT

Correcteurs : un dictionnaire inattendu

mardi 24 octobre 2017

Note de lecture :

Deux correcteurs retraités viennent de publier chez L’Harmattan un ouvrage improbable qui se présente comme un abécédaire pour permettre une pluralité d’entrées mais que l’on lit d’une seule traite car il donne à voir de façon très vivante ce qu’était le quotidien des correcteurs de presse, la vie du cassetin, les rapports aux autres salariés des catégories professionnelles du Livre CGT, le travail comme les fêtes, et les luttes.

Voilà donc une sympathique entrée qui mériterait néanmoins quelques précisions. Malgré le ton très nostalgique de l’ouvrage, le métier n’est pas tout à fait mort, la mobilisation à la rédaction du Monde le prouve. Et il n’est pas impossible qu’il renaisse sur le web comme sur le papier tant les fautes lourdes décrédibilisent les articles aux yeux d’un lecteur attentif. Dans les maisons d’éditions, la lutte se poursuit pour redonner un vrai statut salarié aux correcteurs. Pour réconforter nos auteurs on chante encore le « A la santé du confrère... » dans les imprimeries ou à Blanqui dans les locaux du SGLCE-CGT* dont les correcteurs sont dorénavant adhérents . Mais les travailleurs du Livre trouveront sans peine nombre d’ommissions légères et d’erreurs factuelles dès que nos correcteurs évoquent les autres catégories professionnelles ce qui ne retire rien au plaisir du lecteur métallurgiste !

Les auteurs évoquent sans prendre position et en des termes abscons pour tout personne extérieure à la profession la scission des rotativistes quittant le SGLCE pour créer le SIP. Le SIP syndique essentiellement les rotativistes des imprimeries de presse parisienne et les Correcteurs s’étaient alors solidarisés avec le SIP. Pour finir par un complet changement tactique avec la fusion des Correcteurs au sein du SGLCE en tant que section catégorielle. On aurait aimé des détails sur les débats, violents, qui ont accompagné ces différentes phases, comme une contribution à l’histoire récente et agitée du syndicalisme en presse parisienne. De même qu’il aurait été intéressant d’en savoir plus sur les rapports des Correcteurs avec le SNJ-CGT et la CSTP devenue depuis Info’com.

On aurait ausi aimé en savoir plus sur les batailles de tendance pour la direction du syndicat entre anarcho-syndicalistes, trotskistes et « boums-boums », non générique donné (par les anars) aux militants issus de la lutte armée.

Enfin, parce que nos camarades n’évoquent même pas le sujet, on aurait pu questionner le fait que des anarchistes aient défendu en presse le maintien d’un syndicat de métier alors que dans les autres professions ils étaient en général, avec toutes les tendances syndicalistes révolutionnaires, de fervents défenseurs du syndicalisme d’industrie.

Bref on attend avec impatience une suite !

*SGLCE : Syndicat Général du Livre et de la Communication Ecrite, principale force syndicale dans les métiers de l’imprimerie et activités connexes qui présente l’originalité (et tire sa force) d’être un syndicat régional en Ile de France.

Pierre Lagrue, Silvio Matteucci : La corporation des correcteurs et le Livre ; L’Harmattan 25 euros.

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