Communistes libertaires de la CGT

Fédération des services publics : des échos du congrès

dimanche 24 novembre 2019

Le XIIe Congrès de la Fédération CGT des Services Publics, qui s’est tenu à Montpellier du 18 au 21 novembre vient de se clôturer. Nous publions ici les sentiments à chaud d’un délégué :

Le champ syndical de cette organisation, première de la CGT avec 80 000 d’adhérents (malgré un net recul de FNI en 2018), couvre l’ensemble des collectivités locales et établissements liés, ainsi que certains services publics souvent délégués au privé : eau, logement social, thanatologie.

Plus que les orientations pour les années à venir, les Congrès sont plutôt l’occasion de querelles d’héritage. Ce ne fut pas le cas en l’espèce et pas vraiment dans la tradition de la fédé.

La succession était déjà toute réglée : le SG actuel Baptiste Talbot ayant intégré la CEC, Natacha Pommet de l’UD31 était désignée au consensus pour prendre la relève. Et démocratie CGT oblige, la future dirigeante a été annoncée dès le début du Congrès ! Avant même l’élection de la commission fédérale chargée de la désigner. Au moins on aura évité l’hypocrisie de rigueur pour ces grandes messes. Sur le fond, celle-ci s’inscrit dans la droite ligne de son prédécesseur : une posture combative et lutte-de-classe, qui fait du bien, mais souvent hors-sol dans un champ fédéral émietté entre plusieurs dizaines de milliers d’employeurs. Mais on a apprécié son rapport d’ouverture qui a débuté directement en prônant « l’expropriation capitaliste » et affirmant que le syndicat serait « le groupement de production et de répartition, base de réorganisation sociale ». Morceaux choisis de la Chartes d’Amiens qui pose son attachement au syndicalisme révolutionnaire.

Pour preuve de cette continuité tranquille, l’ensemble des rapports, bilans et parties du document d’orientation ont été adoptés à plus de 98 %, hormis un vote sur des modifications statutaires qui n’a recueilli « que » 91 % des voix des délégués. Mais consensus peut parfois rimer avec mollesse, et les deux premiers jours se sont déroulés dans la torpeur. Le premier jour a même fini une heure en avance, par manque d’intervenants inscrits aux débats ! Et on n’a presque pas eu droit aux vifs (et nécessaires) débats sur le 1 % de cotisations ! Une intervention ou deux maximum.

C’est dire la léthargie de ce Congrès, qu’a mollement réveillé le discours de Philippe Martinez mardi après-midi qui a clairement évoqué la nécessité des AG dès le 6 pour reconduire la grève. Il s’est trouvé néanmoins des congressistes pour lui demander d’être aussi précis dans les médias...

Le 3e jour et le 4e jour les esprits se sont quelque peu échauffés autour de la question de savoir si il fallait ou non participer aux négociations sur les retraites avec Delevoye et le gouvernement d’ici au 5. Deux votes ont été organisés et ont à chaque fois recueillis une majorité significative pour la poursuite des négociations ! Misère de la dépolitisation ... Et ce malgré les vivifiantes interventions de Stéphane Sirot, historien du mouvement social, invité mercredi et qui a alerté avec acuité les délégués présents sur les risques de l’institutionnalisation, de la ritualisation des modes d’action et des négociations.

L’autre débat qui a animé la salle est celui de la situation de la CGT au sein de la Ville de Paris, qui connaît une grave scission sur fond d’accusations d’agressions sexistes et sexuelles contre le syndicat du Nettoiement. Une délégation des syndicats regroupés au sein de l’US CGT Ville de Paris est même descendue de Paris et a organisé un rassemblement devant le Congrès pour dénoncer le rôle joué par la Fédération dans cette affaire. Il est vrai que la fédération soutien à fond le Nettoiement contre l’US au lieu de jouer la fonction médiatrice qui devrait être la sienne pour dépasser cette division dévastatrice. Vu le caractère interne de ce conflit, la plupart des délégués n’y ont rien compris ... et cela a donc contribué à polluer les débats, malgré l’animation qui était la bienvenue.

Point étonnant : aucun délégué présent n’a évoqué les dangers pour l’indépendance syndicale d’une petite phrase insérée dans le document d’orientation qui affirme « poursuivre la recherche de la convergence avec les forces de progrès social (partis politiques, associations, ONG…) sur la base de revendications et de modes d’action partagés ». Orientation qui s’inscrit dans la continuité d’une tribune signée par Talbot au printemps dernier qui appelait à un débouché politique aux luttes sociales par une alternative gouvernementale. Le risque est alors grand de subordonner l’autonomie du mouvement syndical aux impératifs des calendriers électoralistes. Mais personne n’a moufté, en pour ou en contre ... ce qui est assez révélateur du faible niveau politique des échanges qui a été la caractéristique général de ce Congrès.

Dernière remarque : l’ultra-majorité des délégués n’avaient reçus aucun mandat des syndicats dont ils étaient pourtant porteurs des voix. Classique quelque soit les structures syndicales. Mais il faudra bien reconnaitre un jour cette réalité, et se poser les bonnes questions sur notre fonctionnement démocratique interne. À moins que ça n’arrange trop de monde ?

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