Communistes libertaires de la CGT

USTKE : Un meeting à la Bourse mais sans la CGT !

jeudi 20 septembre 2018

C’est aux Kanaks, peuple dépossédé de sa terre baptisée « Nouvelle-Calédonie » par le colonialisme français, de décider ce qui leur semble bon pour eux-mêmes. Et la solidarité avec leur syndicat, l’USTKE ne peut pas reposer sur des préalables.
La CGT, invitée comme d’habitude en Kanaky pour le récent congrès de l’USTKE durant lequel une forte majorité des délégués ont voté pour le boycott du pseudo-référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, devait réserver une salle à la Bourse du Travail de Paris pour un meeting du syndicat kanak.
Mais mécontente de l’organisation voulue par l’USTKE, la CGT a retiré son soutien et les camarades kanaks ont du se retourner vers Solidaires pour réserver la salle.
Pire, pas un représentant CGT n’était visible dans la salle.
Nous publions ci-dessous un compte-rendu du meeting publié sur le site d’Alternative libertaire :

La Kanaky acclamée au meeting de solidarité à Paris

Faut-il voter ou boycotter le référendum du 4 novembre sur l’indépendance ? Mercredi à Paris, l’USTKE a expliqué son refus de participer à la mascarade arbitrée par un État français à la fois juge et partie.

Salle bien garnie, mercredi 19 septembre, dans la grande salle de la bourse du travail de Paris. Sur les bancs de bois lustrés par des générations de syndiqué.es, sous les blasons corporatifs des paveurs, boulangers, fondeurs, tailleurs, tabletiers et autres vieux métiers, environ 150 personnes étaient venues écouter les représentants de l’Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités (USTKE) et de son allié politique, le Parti travailliste (PT).

Le grand absent de la soirée était le FLNKS qui, malgré l’invitation qui lui avait été faite, n’a pas souhaité s’associer à la soirée.

Ce n’est pas un secret : les relations sont très tendues entre le FLNKS et l’USKTE à l’approche du référendum du 4 novembre 2018 sur l’indépendance de la Kanaky-Nouvelle-Calédonie.

Le FLNKS s’est en effet engagé en 1988, avec les accords de Nouméa, à participer à ce référendum. Il appelle donc à voter oui à l’indépendance… sans illusion aucune sur les chances de l’emporter, le peuple kanak étant désormais minoritaire face aux colons [1].

L’USTKE et le PT, de leur côté, ne sont pas liés par les accords de Nouméa, qu’ils qualifient de duperie, et appellent en conséquence au boycott du référendum. Le FLNKS le déplore, estimant que cette division du mouvement indépendantiste va aggraver la défaite annoncée dans les urnes.

Rock Haocas, du PT, a expliqué tout cela, avant qu’André Forest, président de l’USTKE, ne brosse un tableau très sombre de la situation sociale du pays. Le peuple kanak y est toujours aussi marginalisé. A titre d’exemple, 3 % seulement des Kanak sont diplômé.es de l’enseignement supérieur (contre 25 % des Caldoches) ; ils représentent en revanche 80 % des détenus en prison, alors qu’ils et elles pèsent pour 40 % de la population du Caillou.
Paroles comoriennes, sahraouies, panafricaines...

Saïd Bouamama, du Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) a expliqué les enjeux impérialistes de l’État français dans l’océan Pacifique – grâce à ses colonies insulaires, la France est le « deuxième géant maritime mondial » comme aime à le rappeler Mélenchon-la-cocarde.

Ont également pris la parole l’association Solidarité Kanaky (qui a expliqué les grandes manœuvres autour de l’extraction du nickel), l’association Survie qui a rappelé que l’indépendance politique ne signifie pas forcément la fin de la tutelle (la Françafrique en atteste), le front Polisario (qui lutte au Sahara occidental contre le colonialisme marocain), la Ligue panafricaine Umoja (« unité » en swahili) et le Collectif de défense de l’intégrité et de la souveraineté des Comores, qui réclame la décolonisation de Mayotte et son rattachement à l’archipel.

Christian Mahieux, pour Solidaires et le Réseau syndical international de solidarité et de lutte (RSISL), a rappelé l’attachement historique d’une partie du syndicalisme français à la lutte anticolonialiste – Indochine et Algérie jadis ; Palestine ou Kanaky aujourd’hui.

Signalons aussi le bref hommage rendu à notre camarade Gisèle Felhender, inhumée mardi à Pantin. Militante d’Alternative libertaire et de Sortir du colonialisme, elle avait été la cheville ouvrière, pendant des années, de la Semaine anticoloniale et du Salon anticolonial de Paris. Nous reparlerons d’elle prochainement.

Dans l’assistance, on reconnaissait, entre autres, des militantes et des militants d’AL, de la CNT, du NPA, du FUIQP, d’Ensemble, de Solidaires, du PIR et du Mouvement des jeunes Kanak de France.

En conclusion, Said Bouamama a insisté sur le fait que les organisations amies n’avaient pas à s’immiscer dans les divisions internes au mouvement indépendantiste, et a témoigné de sa conviction que dès le 5 novembre, au lendemain du référendum, les indépendantistes sauraient de nouveau se serrer les coudes face au colonisateur. « Vive la Kanaky libre ! » a clamé André Forest sous les applaudissements, avant d’inviter un artiste ami à la tribune. La soirée s’est achevé par quelques vers de poésie.

http://www.alternativelibertaire.or...

Débats du 51° congrès

  • Congrès : Notes du vendredi 22 avril

    23 avril 2016
    Courte séance ce vendredi matin. La CEC est élue très largement (entre 84 et 97%) ce qui pourrait surprendre après les votes des résolutions et la tension dans les débats. Il est probable que la majorité des syndicats expriment alors leur désir de tourner la page de la crise de direction ouverte avec l’affaire Lepaon. Probable aussi que le compromis imposé par la direction confédérale sur le thème de (...)
  • Congrès : Notes du jeudi 21 avril

    22 avril 2016
    La séance s’ouvre par l’annonce du vote du thème 3 sur le rapport au politique : abstention : 9% contre : 36%.
    Le débat reprend sur le thème 4 : le syndicalisme international. Des délégués expliquent leur travail dans des multinationales, leurs contacts avec les syndicats de différents pays. Une camarade sénégalaise est invitée à s’exprimer. Des camarades proposent l’organisation de grèves européennes (...)
  • Congrès : Notes du mercredi 20 avril

    21 avril 2016
    La matinée reprend avec le débat sur notre démarche syndicale, le thème 1. Les futurs comités régionaux inquiètent plusieurs délégués qui se prononcent pour une coordination des UD mais contre des « super-préfets ». Le seul amendement significatif intégré par la commission souligne, comme pour répondre aux craintes, qu’il faut donner plus de moyens aux unions locales. Un délégué de la construction (Toulouse) (...)
  • Congrès : Notes du mardi 19 avril

    20 avril 2016
    Après les applaudissements d’usages aux nouveaux invités présents (Solidaires et Unef mais l’arrivée d’un représentant du PCF n’est toujours pas anoncée), le bureau du congrès donne les réponses attendues : Oui il y aura une résolution d’actualité mais pas de commission : c’est le bureau du congrès qui la présentera. Non la commission candidature ne sera pas ouverte aux délégués puisqu’elle est déjà (...)
  • Congrès : Notes du lundi 18 avril

    19 avril 2016
    C’est au groupe musical Zabo qu’il revenait de donner le ton du congrès dans une interprétation pétillante d’une chanson de Georges Moustaki « je voudrais sans la nommer vous parler d’elle », une chanson écrite en 1969 à la gloire de la révolution permanente !
    Un cran en dessous du symbole, le secrétaire de l’UD des Bouches du Rhône dans son discours d’accueil faisait applaudir les luttes emblématiques (...)

Site réalisé avec SPIP | Se connecter | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0