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Après la déclaration pitoyable de l’intersyndicale : Sophie Binet écrit aux syndicats CGT :
mercredi 22 octobre 2025
Un courrier de la Secrétaire générale directement adressé aux syndicats, c’est assez inhabituel pour retenir l’attention. De toute évidence il s’agit de répondre au trouble causé en interne par la récente déclaration intersyndicale se réjouissant de la "suspension" de la réforme des retraites sans proposer la moindre mobilisation, ni sur les retraites ni sur le budget Lecornu.
Si l’on peut entendre l’intérêt de maintenir la CFDT dans une posture d’abrogation de la réforme, l’absence de mobilisation annoncée montre que l’éventualité offerte de débattre à nouveau de la retraite à point calme les ardeurs combatives de la CFDT (et de ses alliés). Maintenir l’unité formelle pour l’abrogation place la CGT sur un fil bien étroit et fragile.
De ce point de vue le courrier de Sophie Binet a le mérite d’apporter une clarification indispensable :
Il nous faut absolument continuer à nous mobiliser pour envoyer ce budget aux oubliettes de l’histoire et gagner l’abrogation de la réforme des retraites.
Le Premier ministre a été obligé de s’engager à ne pas utiliser de 49-3 pour faire passer son budget. L’enjeu est donc d’interpeller l’ensemble des parlementaires - à l’exception de l’extrême droite - pour les appeler à ne pas voter ces régressions, à abroger la réforme des retraites et à faire enfin de la justice fiscale une réalité. Pour cela, nous allons mettre à disposition la plateforme alloparlement.fr qui permettra à chacun et chacune d’interpeller les parlementaires de son territoire.
Mais cette interpellation seule ne suffira pas. L’objectif de la CGT est d’organiser un feu roulant de mobilisations et de multiplier les fronts pour démontrer les impacts très concrets du budget. Un simulateur sera mis en ligne sur cgt.fr pour permettre à chacun et chacune de mesurer l’impact catastrophique du budget sur sa propre situation. Le 6 novembre les retraité.e.s ouvrent le bal pour dénoncer leur triple peine : baisse des pensions, explosion des frais de santé et augmentation de leurs impôts. Les services publics prendront ensuite le relais, le secteur de la culture, celui de l’action sociale, les associations… sont aussi mobilisés. La CGT a ensuite proposé à l’intersyndicale d’appeler à une nouvelle journée de grève et de manifestations interprofessionnelle.
Si elles ne répondent pas à cet appel, la CGT prendra ses responsabilités pour permettre à toutes les luttes de converger.
Le courrier en revanche est entaché d’une faiblesse politique inquiétante, confinant la CGT aux luttes sociales et laissant les enjeux de fond aux joutes parlementaires :
Depuis plusieurs mois, notre pays traverse une crise politique d’une gravité inédite ... il n’y aura pas de stabilité politique sans abrogation de la réforme des retraites ni réponse aux exigences sociales.
Alors que la crise politique est en effet profonde et au lieu de s’en réjouir pour appeler les travailleurs et travailleuses à approfondir la crise, Sophie Binet s’en inquiète et place le syndicalisme dans une pauvre fonction de "stabilisateur" social. Pour les syndicalistes révolutionnaires l’heure est au contraire à pousser partout, malgré les difficultés bien réelles à mobiliser, à la grève jusqu’à l’effondrement du système et le pouvoir aux travailleurs. Et même si le succès n’est pas au rendez-vous, c’est bien en ce sens qu’il faut instruire le salariat de notre pays. Pour les succès futurs.
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Communistes libertaires de la CGT
Messages
24 octobre 2025, 22:35, par Marianne PELET
Puisque "les difficultés bien réelles à mobiliser" prouvent que la masse ouvriere adherant à la CGT n’a pas d’intérêt à la grève, on gagnerait à envisageer autre chose pour qu’elle (que je ! Je fais partie de la masse) l’emporte jusqu’à l’effondrement du système.