Communistes libertaires de la CGT

Maurice Lourdez : au coeur de la CGT, la CGT au coeur

jeudi 9 novembre 2017

Responsable de la « commission des loisirs » des syndicats CGT du Livre parisien, Maurice, tout simplement est une légende. La parution d’un livre écrit à partir de ses confidences était très attendue. Disons tout net qu’il doit être impérativement lu par tous ceux qui s’intéressent à l’histoire du syndicalisme et des luttes ouvrières dans les années 70 – 80.

Le bouquin explique fort bien comment la force particulière du Livre CGT à Paris et la période de destruction systématique du tissu industriel ont permis l’épopée des luttes du Livre, et au delà fait débat dans tout le mouvement ouvrier.

Entre les lignes, il faudra aussi entendre à quel point le lien CGT/PCF était structurel et naturel pour la grande majorité des militants. Et comment en pleine période de Programme commun et avec la perspective de victoire électorale pour un gouvernement PS/PCF, nombre de dirigeants PC/CGT n’apprécient guère « les excès gauchistes » des troupes organisées par Maurice qui risquent d’effrayer l’électeur. Dans le même temps, mais là rien n’est dit, ces troupes sont aussi le fer de lance des bagarres dans les manifs ou devant les boites avec les « gauchistes », les vrais. On espère qu’un autre livre pourra évoquer ces batailles rangées désastreuses en toute transparence parce qu’elles appartiennent aussi à l’histoire du mouvement ouvrier et que Maurice joua aussi un rôle pour y mettre fin.

« Une certaine stratégie ouvrière » tel est le titre fort bien trouvé de l’ouvrage. Car d’autres stratégies étaient possibles. A partir du conflit du Parisien libéré, s’ouvrait deux pistes : un accompagnement social pépère de la casse industrielle (qui nécessitait un rapport de force de toute façon) ou la montée en puissance de l’affrontement de classe. Le Comité Inter du Livre CGT et sa « commission des loisirs » choisiront une voie entre les deux, alternant actions violentes et symboliques, mais toujours appuyé sur et par une combativité ouvrière très forte. Une certaine hésitation entre réformisme et révolution en somme. Les travailleurs, les militants qui ont vécu la période et les évènements comme les historiens n’ont pas finis d’en débattre. Et ça tombe bien puisque l’Institut d’Histoire Social du Livre parisien est actif et très productif.

Terminons sur une critique de l’introduction d’Alezard qui, l’exercice l’impose sans doute, vante une CGT parfaite. Il aurait néanmoins pu s’abstenir d’évoquer « la démocratie comme mode de vie » dans notre fonctionnement syndical. C’est une insulte à la vérité historique et aux militants de l’époque qui dans leur grande majorité théorisaient sincèrement un centralisme démocratique version soviétique comme discipline syndicale gage d’efficacité.

Débats du 52° congrès

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